Lexique drone illustré 2026 : réviser l'examen A1/A3 et A2

14 fiches de révision pour préparer les examens A1/A3 et A2 de la catégorie ouverte. Support de révision, pas un cours officiel : vérifiez les règles en vigueur sur AlphaTango et le Géoportail.

1. Zones géographiques et Géoportail

Avant de voler, il faut savoir si la zone est autorisée, restreinte ou interdite. Le Géoportail donne cette carte en temps réel.

Type de zoneCe que ça veut direExemple
Zone libreVol en catégorie ouverte sans démarche particulièreCampagne, zone rurale dégagée
Zone restreinteVol soumis à condition (hauteur, autorisation, créneau)Proximité d'un aérodrome, zone militaire active par créneaux
Zone interditeVol interdit sauf dérogation préfectoraleCentrale nucléaire, prison, palais présidentiel

À retenir. Consultez systématiquement la carte Géoportail (couche « Restrictions UAS ») avant chaque vol, même en terrain connu : les zones évoluent (NOTAM temporaires, exercices militaires).

Attention examen. Une restriction peut être temporaire (NOTAM) sans apparaître en rouge en permanence sur la carte de fond — toujours croiser Géoportail et les NOTAM du jour.

Erreur fréquente. Confondre « zone agglomération » (densité de population, impacte A1/A3) et « zone réglementée » (espace aérien, impacte l'autorisation de vol) — ce sont deux choses différentes à l'examen.

2. Les classes C0 à C4

Chaque drone neuf porte une étiquette de classe (C0 à C4) qui détermine directement dans quelle sous-catégorie vous pouvez voler.

ClasseMasse maxSous-catégorie(s) autorisée(s)
C0< 250 gA1 (et A3)
C1< 900 gA1 (et A3)
C2< 4 kgA2 (et A3)
C3 / C4< 25 kgA3 uniquement

À retenir. La classe est fixée par le fabricant (marquage CE + étiquette C0-C4), pas par vous : elle conditionne la sous-catégorie, pas l'inverse.

Attention examen. Un drone « legacy » (acheté avant la mise en place du marquage, sans étiquette C0-C4) suit un régime transitoire à part, basé sur la masse — à ne pas confondre avec les classes.

Erreur fréquente. Croire que la masse seule suffit : un drone de 300 g SANS étiquette de classe n'est pas automatiquement C1.

3. Sous-catégories A1 / A2 / A3

Les trois sous-catégories de la catégorie ouverte se distinguent par la distance aux personnes non impliquées dans le vol.

Sous-catégorieCe qu'on peut survolerClasses compatibles
A1Personnes isolées (jamais de rassemblement)C0, C1
A2À proximité de personnes, à distance de sécuritéC2
A3Loin de toute personne, hors zones habitéesC2, C3, C4

À retenir. A1 = au-dessus, A2 = à côté, A3 = loin. La hiérarchie va de la plus souple en distance (A1) à la plus stricte (A3) — mais A2 reste la plus exigeante en formation.

Attention examen. Le survol de RASSEMBLEMENTS de personnes est interdit dans toutes les sous-catégories de la catégorie ouverte, y compris A1.

Erreur fréquente. Penser qu'A3 est « moins stricte » parce qu'elle autorise des drones plus lourds — c'est l'inverse : A3 impose la plus grande distance aux personnes et zones habitées (150 m).

4. A2 en pratique : la règle 30 m / 5 m

En A2, la distance minimale aux personnes est de 30 m, réductible à 5 m si le drone dispose d'un mode basse vitesse homologué.

Mode de volDistance minimale aux personnes
Vitesse normale30 m
Mode basse vitesse activé5 m

À retenir. Les 5 m ne s'appliquent qu'avec un drone de classe C2 dont le mode basse vitesse est activé ET homologué par le fabricant — ce n'est pas simplement « voler lentement ».

Attention examen. Le survol direct de personnes reste interdit en A2, même à 5 m : la distance se mesure horizontalement, la personne doit rester en dehors de la trajectoire de vol.

Erreur fréquente. Confondre la règle A2 (30 m / 5 m des personnes) avec la règle A3 (150 m des zones résidentielles) — deux sous-catégories, deux chiffres différents, piège classique à l'examen.

5. Calculs du télépilote : autonomie et réserve

Avant chaque vol, le télépilote estime son autonomie réelle en tenant compte du vent et garde toujours une marge de sécurité sur la batterie.

FacteurRègle couramment enseignée
Vent de faceRéduit l'autonomie disponible sur le trajet concerné
Réserve batteriePrévoir environ 25 % de charge restante au posé, jamais jusqu'à 0 %
Marge de tempsPlanifier le retour avant l'alarme batterie faible du drone, pas après

À retenir. La réserve de 25 % est une marge de sécurité couramment enseignée en formation, pas un seuil réglementaire unique — gardez toujours de quoi faire face à un imprévu (vent, détour).

Attention examen. Une batterie LiPo perd en capacité réelle par temps froid : l'autonomie annoncée par le fabricant est mesurée en conditions idéales.

Erreur fréquente. Calculer l'autonomie seulement à l'aller, sans compter qu'un vent de face au retour peut nettement augmenter la consommation sur ce trajet.

6. Vent et turbulence

Le vent forcit avec l'altitude et devient imprévisible près des obstacles : un bâtiment ou un relief crée des turbulences locales plus fortes que le vent « au sol ».

SituationEffet
Altitude croissanteVent généralement plus fort et plus régulier
Angle d'un bâtiment ou reliefTurbulences, rafales soudaines, effet venturi
Toit plat en hauteurZone de recirculation d'air imprévisible

À retenir. La météo consultée au sol avant le vol ne reflète pas forcément le vent réel à l'altitude ou près de l'obstacle survolé.

Attention examen. Au-delà de la limite de vent indiquée par le constructeur, le vol devient instable même pour un pilote expérimenté — ce n'est pas qu'une question de compétence.

Erreur fréquente. Se fier uniquement à la météo générale du jour sans observer les conditions locales juste avant le décollage (manche à air, mouvement des arbres).

7. Mouvements du drone

Un drone multirotor se pilote selon quatre axes de commande, chacun associé à un manche de la radiocommande.

CommandeEffet
GAZ (throttle)Monte ou descend
LACET (yaw)Pivote sur lui-même, à droite ou à gauche
TANGAGE (pitch)Avance ou recule
ROULIS (roll)Se déplace latéralement, à droite ou à gauche

À retenir. Gaz et lacet se commandent avec le manche gauche, tangage et roulis avec le manche droit, en mode 2 (le plus répandu en France).

Attention examen. Le lacet (yaw) ne déplace pas le drone, il le fait seulement pivoter sur son axe vertical — à ne pas confondre avec le roulis, qui déplace réellement l'appareil.

Erreur fréquente. Inverser tangage et roulis à l'examen : le tangage agit sur l'axe avant-arrière, le roulis sur l'axe gauche-droite.

8. 120 mètres, VLOS et obstacles

En catégorie ouverte, le drone vole à vue directe (VLOS) et ne dépasse pas 120 m au-dessus du sol, sauf exception encadrée près d'un obstacle élevé.

RègleDétail
Hauteur maximaleHauteur maximale de 120 m au-dessus du sol survolé
VLOSLe télépilote garde le drone en vue directe, à l'œil nu
Exception obstacle+15 m au-dessus d'un obstacle artificiel de plus de 105 m, dans un rayon proche, sous conditions encadrées

À retenir. Le plafond se mesure par rapport au sol survolé (ou à l'obstacle), pas forcément par rapport au point de décollage du télépilote si le terrain est en pente.

Attention examen. L'exception des +15 m au-dessus d'un obstacle de 105 m est encadrée par des conditions précises — ce n'est pas un droit général de dépasser 120 m partout.

Erreur fréquente. Oublier que le VLOS implique que le télépilote lui-même voie le drone, pas seulement l'image caméra en retour (FPV).

9. AlphaTango et signalement électronique

AlphaTango est le portail officiel DGAC pour enregistrer son activité de télépilote et ses drones ; le signalement électronique permet d'identifier un drone en vol à distance.

DémarcheQui est concerné
Enregistrement exploitantDrone de 250 g ou plus, ou tout drone équipé d'une caméra/capteur (hors jouet)
Numéro UAS-FR-xxxxxxxÀ apposer de façon lisible sur l'appareil (sauf drones de plus de 25 kg)
Signalement électroniqueObligatoire pour les drones avec marquage de classe C1 à C4, avec quelques exceptions

À retenir. L'enregistrement sur AlphaTango est gratuit et personnel : c'est l'exploitant (vous) qui est enregistré, le numéro suit ensuite chaque appareil déclaré.

Attention examen. Le signalement électronique diffuse en vol un identifiant que tout récepteur compatible à proximité peut capter — ce n'est pas un simple traceur GPS privé.

Erreur fréquente. Confondre l'enregistrement DGAC (démarche administrative, avant le vol) et le signalement électronique (émission technique, pendant le vol) — les deux sont obligatoires mais distincts.

10. Batterie LiPo, RTH et Failsafe

La batterie LiPo impose des précautions spécifiques, et les fonctions RTH (retour automatique) et Failsafe (sécurité en cas de perte de signal) sont la dernière ligne de défense du télépilote.

FonctionRôle
RTH (Return To Home)Ramène automatiquement le drone à son point de décollage mémorisé
FailsafeSe déclenche en cas de perte de signal radio ou GPS
Protection LiPoNe jamais décharger sous le seuil mini, stocker à charge partielle

À retenir. Le point de RTH se mémorise généralement au décollage (ou à l'accroche GPS) : vérifiez-le avant chaque vol, surtout à un endroit inhabituel.

Attention examen. Le RTH suit une trajectoire qui peut percuter un obstacle apparu entre le décollage et le déclenchement — il ne « voit » pas les obstacles sauf capteurs dédiés.

Erreur fréquente. Oublier de vérifier l'altitude de RTH programmée : réglée plus bas qu'un obstacle sur le trajet retour, la collision reste possible.

11. Catégorie Ouverte vs Spécifique vs Certifiée

Le règlement européen distingue trois catégories d'opérations, du risque le plus faible (ouverte) au plus élevé (certifiée, proche de l'aviation habitée).

CatégorieNiveau de risqueDémarche
Ouverte (A1/A2/A3)FaibleFormation en ligne + enregistrement, pas d'autorisation au cas par cas
SpécifiqueModéréDéclaration ou autorisation (scénario standard ou analyse de risque)
CertifiéeÉlevé, proche de l'aviation classiqueCertification du drone et licence de pilote

À retenir. La catégorie découle de l'opération envisagée (masse du drone, distance aux personnes, hauteur, zone) — c'est l'opération qui détermine la catégorie, pas l'inverse.

Attention examen. La grande majorité des missions professionnelles courantes (immobilier, inspection, événementiel) restent en catégorie ouverte ou spécifique standard.

Erreur fréquente. Penser que « catégorie spécifique » signifie « autorisation individuelle à chaque vol » — les scénarios standards permettent d'opérer sur simple déclaration une fois obtenus.

12. NOTAM, CTR, météo et indice Kp

Avant de voler près d'un aérodrome ou en conditions incertaines, le télépilote croise plusieurs sources : NOTAM, zones de contrôle aérien (CTR), météo et activité géomagnétique.

ÉlémentCe qu'il indique
NOTAMAvis aux navigants : restriction temporaire, exercice ou événement sur une zone et une période données
CTRZone de contrôle aérien autour d'un aérodrome, généralement soumise à autorisation
MétéoVent, visibilité, plafond nuageux : conditions de vol sûres ou non
Indice KpActivité géomagnétique — un indice élevé peut perturber la précision GPS

À retenir. Les NOTAM changent au jour le jour : un vol prévu une semaine à l'avance doit être revérifié juste avant le décollage.

Attention examen. Voler en CTR sans autorisation, même avec un drone léger, reste une infraction — la proximité d'un aérodrome se définit par un volume d'espace aérien, pas un simple rayon au sol.

Erreur fréquente. Ignorer l'indice Kp : un épisode géomagnétique fort peut dégrader le GPS et perturber le RTH, même par ailleurs beau temps.

13. Facteurs humains

Le télépilote est le premier facteur de risque en vol : fatigue, stress, alcool, certains médicaments ou une vision non corrigée dégradent la prise de décision et les réflexes.

FacteurEffet sur le vol
Fatigue, manque de sommeilTemps de réaction plus long, erreurs d'appréciation
Alcool, drogues, certains médicamentsJugement altéré — interdits avant et pendant le vol
Stress, précipitationOublis de check-list, décisions hâtives
Vision non corrigéePerte de contact visuel avec le drone (VLOS), mauvaise appréciation des distances

À retenir. Les mêmes règles d'aptitude que pour tout pilote s'appliquent : ne jamais voler fatigué, sous alcool, drogue ou médicament altérant la vigilance.

Attention examen. Le facteur humain est un chapitre identifié du programme de formation A1/A3, pas seulement une question de bon sens — des questions y sont spécifiquement consacrées.

Erreur fréquente. Négliger la check-list avant-vol parce qu'on « connaît son drone par cœur » — c'est justement dans ces conditions (routine, précipitation) que les oublis arrivent.

14. Vie privée, RGPD et assurance

Un drone équipé d'une caméra capte souvent des personnes reconnaissables : le RGPD s'applique, et une assurance adaptée protège le télépilote en cas de dommage.

ObligationCe que ça implique
RGPD / vie privéeNe pas diffuser d'images de personnes identifiables sans base légale, informer si besoin
Assurance RCResponsabilité civile couvrant l'activité drone fortement recommandée, souvent exigée par les clients professionnels
Survol de propriétés privéesPas interdit en soi, mais filmer l'intérieur d'une propriété sans accord pose un problème de vie privée

À retenir. RGPD et réglementation aérienne sont deux sujets distincts et cumulatifs : être en règle avec la DGAC ne dispense pas de respecter le droit à l'image et la protection des données.

Attention examen. Le respect de la vie privée figure dans le programme officiel de formation A1/A3, au même titre que les règles de vol.

Erreur fréquente. Croire qu'un vol légal (bonne sous-catégorie, bonne zone) autorise automatiquement à diffuser toutes les images obtenues pendant ce vol.

Guide complet de la réglementation · Devenir pilote · Tous les outils du télépilote · Accueil